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Maltraitance en maison de retraite

En maison de retraite, «la maltraitance rapporte». La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance dans les maisons de retraite.


Selon François Bouniol, soigner une personne alitée paie davantage que de la maintenir dans son autonomie.

INTERVIEW - La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance en maison de retraite. Un projet défendu depuis des années par François Bouniol, qui gère une dizaine d’établissements en Ile-de-France.

LE FIGARO – Pour quelles raisons approuvez-vous le projet de créer des «indicateurs» de maltraitance dans les maisons de retraite ?
François BOUNIOL - Cela fait des années que je crie qu’il faut arrêter de considérer ces maisons comme des établissements à part et qu’il faut instaurer des marqueurs ou indicateurs de qualité, comme on le fait pour l’hôtellerie, l’informatique ou l’industrie. C’est simple à mettre en place, ça ne coûte rien, ça s’appelle la transparence et pourtant aucun des responsables des pouvoirs publics, présidents de conseil général et autres médecins de la Ddass que j’ai démarchés ne m’a jamais entendu. Mon idée, aujourd’hui relayée par la Fédération hospitalière de France, aurait pu être concrétisée depuis longtemps.

Pourquoi autant de réticences ?
Parce qu’on a beau parler beaucoup des personnes âgées, en vérité, on s’en fout ! Il y a un vrai manque de réflexion et d’expérience sur le terrain : les décisionnaires des ministères n’ont jamais géré une maison de retraite de leur vie. Et puis c’est beaucoup plus simple pour l’administration, en termes d’effort et d’argent, de s’occuper de grabataires que de les maintenir dans leur autonomie. On aborde cette question comme un problème financier, alors que c’est un problème humain.

Vous voulez dire que la maltraitance rapporte ?
Oui, et c’est là le vrai scandale. Car, en France, plus une maison de retraite a de grabataires, plus son GMP (taux de dépendance, NDLR) augmente et plus le conseil général lui donne de l’argent. Dans ces conditions, qui a intérêt à lutter contre la maltraitance ? Or, faire demeurer quelqu’un au lit est une forme de maltraitance. Et, en n’ayant pas les gestes quotidiens qui favorisent le maintien dans l’autonomie, on crée artificiellement des grabataires.

Quels sont les indicateurs à inventer selon vous ?
Il y en a cinq : le GMP de l’établissement – plus il est élevé moins l’endroit est bien -, son taux de remplissage – les lits vides ne sont jamais bon signe -, le turn­over des résidents – leur fort renouvellement indique qu’ils meurent plus facilement qu’ailleurs -, le turnover des personnels – dans les bonnes maisons, ils restent – et enfin le nombre d’arrêts de travail de moins de quinze jours – plus le personnel est épanoui, moins il est en congé maladie. C’est d’autant plus simple à mettre en œuvre que ce sont des données chiffrées, bien plus faciles à contrôler que des problématiques de propreté, toujours aléatoires, ou les on-dit, souvent irrationnels et difficiles à prouver. De plus, chaque établissement dispose de ces données, tout comme les conseils généraux. Dans un souci de réactualisation, ces derniers pourraient exiger qu’on les leur communique trois fois par an.

L’instauration de tels critères n’est-elle pas en contradiction avec le plan annoncé par la secrétaire d’État aux Solidarités ?
La multiplication des contrôles inopinés que prévoit ce plan ne sert à rien. Ce n’est pas un passage aléatoire de la Ddass qui va régler le problème de la maltraitance. Les marqueurs, eux, instaurent un contrôle sur le long terme. C’est l’avenir, car c’est un dispositif intelligent qui obligera les maisons de retraite à se surveiller, à améliorer le qualitatif. Et c’est crucial, car ne pas prendre soin de ses vieux n’est vraiment pas valorisant pour une société.

Source: Le Figaro

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20 commentaires sur “Maltraitance en maison de retraite”

  1. choteau dit :

    Mes parents ont été placés en foyer EHPAD en mars 2010 en ahute loire ; Peu de visites de leurs 2 enfants sur place et moi même à 500 km ce qui ne me permettait pas de les voir aussi souvent que je le souhaitais.
    Contact journalier par téléphone et j’assistais impuissante à l’état de dégradation de ma maman qui dormait en permanence …..
    Mon papa étant décédé subitement le 19 octobre j’ai décidé d’emmener ma man pour quelques jours de vacances à Cannes. C’est ainsi que j’ai compris ce qui se passait avec une médicamentation telle que ses fonctions intellectuelles ne pouvaient être qu’anéanties.
    Equanil – IXprim – Noctran et dafalgan en quantité telles qu’elle ne pouvait plus être lucide et perdait ses fonctions physiques vitales.
    Depuis le 1er novembre elle dort sans cachet, l’equanil a été réduit au 1/8 de ce qu’elle prenait et dans é jours ce cachet bleu ne fera plus partie de son menu quotidien.
    Quant au dafalgan elle n’en a pas pris un seul l’Ixprim étant amplement suffisant.
    Comment expliquer ce comportement des médecins si ce n’est qu’un quelconque intérêt…… J’appelle cela de la maltraitance !!! en raison de ses fonctions intellectuelles défaillantes et on le serait pour moins le docteur a préconisé une mise sous tutelle ;
    aujourd’hui maman participe chez moi a la vie de la maison, épluche les fruits et légumes pour les repas, écoute les journaux télévisés avec intérêt, tricote et a même rejoué au scrabble !!!! Physiquement le kiné la fait marcher à l’aide de son déambulateur et de jour en jour maman renait !!!!!
    Il est très facile de rendre une personne « sénile » en lui administrant de telles doses de calmants et autres ….. Ses souvenirs étaient troubles, elle ne connaissait plus ni son age ni sa date de naissance et se rend compte que l’on voulait la rendre « gaga » comme elle le dit si bien.
    évidemment elle ne veut plus retourner là bas et je vais me battre maintenant pour la garder chez moi et demander au juge des tutelles la nomination d’une expertise médicale pour démontrer ce que je viens de vous démontrer alors qu’en août elle était sénile au regard des tests et examen médical.
    Je suis scandalisée et outrée !!! Que se cache t il derrière ces pratiques ?????
    J’aimerais avoir d’autres témoignages et suis décidée à me battre pour dénoncer cette forme de maltraitance……………..

  2. valerie dit :

    Mon oncle est placé en maison de retraite suite à un AVC. Il est âgé de 90 ans. L’autre samedi, je lui ai rendu visite.
    Il se trouve qu’il a sonné à l’heure de la débauche de l’une des AS. Elle est arrivée en étant de mauvaise humeur en disant qu’il n’y avait pas que lui et que maintenant il avait des visites et n’a tenu en aucun cas de la demande faite par mon oncle.
    Je suis vraiment furieuse des propose tenus par cette personnes et je culpabilise déjà suffisamment par rapport à cette situation sans qu’une réflexion de ce style soit faite.
    J’ai vraiment des doutes sur les agissements de ce type de personne non motivée auprès des résidents.
    Cela se passe dans le 64 ( Pyrénées Atlantiques)

  3. Chaine dit :

    Ma maman est rentrée dans une maison de retraite il y a 15 jours, au bout de deux jours elle a été couchée à 20H 30 avec des barrières à son lit soi-disant qu’elle était allée dans la chambre voisine une nuit. Je voudrais savoir si les barrières au lit sont légales ?

    merci de votre réponse

  4. Yves dit :

    Bonsoir à vous,

    Ce récit émouvant nous touche énormément. Je vous conseille de prendre conseil auprès de nos conseillères en gérontologie qui vous aideront et vous guideront dans une maison de retraite de qualité, avec un service irréprochable !
    Ce n’est pas parce que nos ainés perdent leur autonomie qu’on peut leur faire subir ce genre de traitement

  5. RAMONET MARYVONNE dit :

    Je viens de découvrir votre site sur internet car je cherchais de l’aide. Ma mère est en maison de retraite. Elle est aveugle et en fauteuil. Je suis continuellement en conflit avec l’établissement, pas une semaine ne se passe sans qu’il n’arrive rien. Elle est habillée tard, remontée de la salle à manger dans les dernières, elle ne sait pas si elle est servie ou pas, ne sait pas ce qui a dans son assiette. Enfin en un mot, comme elle ne risque pas de s’échapper ou de déambuler, ni de déranger personne, il est aisé de la prendre en charge quand ils ont décidé.
    Mardi prochain je suis convoquée par la directrice de l’établissement, la cadre infirmière et la psychologue car j’ai manifesté mon mécontentement suite à un acte que je considère de la maltraitance. Ayant été dérangé la nuit de dimanche à lundi dernier, il a été nécessaire de changer ma mère à 5 heure du matin, ce que je trouve normal, mais ce que je juge inadmissible c’est qu’on ne lui a pas remis de chemise de nuit mais simplement une petite chemise de corps à fines bretelles. En effet à cette heure la, les soignants ne remettent pas de chemise de nuit car les résidents sont pris en charge pour leur toilette le quelques heures après. Ma mère a été vexé et traumatisé par cette nuit, et maintenant comme j’ai rouspété auprès de l’infirmière, ils se mettent à trois pour me toiser. De toutes façons ayant d’après eux toujours tord, je me demande comment trouver de l’aide. Merci d’avance.

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