La situation des aidants en France : une réalité dérangeante
22/03/2016 12:13 4 commentaires


Depuis le 11 février, nous avons une nouvelle secrétaire d’Etat chargée des Personnes Agées et de l’autonomie : Madame Pascale Boistard. Elle qui s’occupait auparavant du droit des femmes, a déclaré sur Twitter, être prête à relever le défi solidaire du vieillissement et de l’autonomie.

Mais lui en donnera- t-on réellement  les moyens ? En effet, même si son engagement sur les droits de la femme a toujours été salué par les associations, le Ministère délégué aux personnes âgées est une autre paire de manches ! Jusqu’à présent, les  propositions concernant l’amélioration des conditions de vie des aidants en France, tardent encore à se mettre en place !

Trop souvent confrontés  à  la détresse d’aidants épuisés et ayant besoin de répit, qui nous sollicitent pour trouver une solution d’hébergement temporaire pour leur proche, nous sommes chez Retraite Plus, convaincus de l’urgence de la situation.
Nous sommes aujourd’hui plus que jamais persuadés qu’améliorer la situation des aidants est une urgence nationale ! La prise en charge des aidants doit sortir du contexte familial et interpeller  la sphère publique ainsi que les politiques en charge du grand-âge.

Une contribution des familles, bienvenue pour la conjoncture économique du pays :


Du fait de l’allongement de l’espérance de vie, les aidants sont de plus en plus nombreux et toujours plus sollicités. Leur rôle devient encore plus complexe et de plus en plus chronophage. Souvent il demande même des aptitudes professionnelles que ceux-ci ne possèdent pas forcément.
À ce jour, en France, on ne dénombre pas moins de 8,3 millions de proches aidants dont 1 sur 2 se dit surmené, stressé et exposé au  burn-out et à la dépression. D’ailleurs, les aidants actifs ont 63% de risque supplémentaire de développer une maladie. Certains sont même amenés à stopper leur activité professionnelle pour se consacrer entièrement à leur parent dépendant.

Cette contribution gratuite des aidants  représente pour la collectivité, une énorme   économie qui se monterait à environ 11 milliards d'euros. Néanmoins, d’après Florence Leduc, présidente de l'Association française des aidants : « les aidants ne peuvent pas être les remplaçants d’une vraie politique publique !» Evidemment, il est naturel et sain que les enfants ou conjoints prennent soin de leurs ainés dépendants, mais ce n’est pas une raison pour que le gouvernement s’appuie sur cet état de fait et retarde les dispositions prévues pour alléger leur charge.

Des promesses qui mettent du temps à se réaliser ! 

En 2014, l’ex-ministre, Madame  Michèle Delaunay avait projeté de faire voter la loi de l’adaptation de la société au vieillissement. Le projet a été retardé lors du remaniement ministériel où celle-ci a été remplacée par Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l'Autonomie qui avait repris le flambeau en annonçant que les projets abordés dans cette loi seraient financés par la CASA et ce, à hauteur de 645 millions d'euros.

Les principales mesures mises en place devaient être : le rehaussement de l’APA, la mise en place d’un droit au répit des aidants et le renforcement des politiques d'adaptation des logements. Ce n’est que depuis quelques mois que cette loi a été publiée au Journal Officiel. La réforme, qui d’ailleurs porte uniquement sur l’APA à domicile pour l’instant, n’est entrée en vigueur que le 1er Mars dernier. En clair : les départements font la nouvelle évaluation multidimensionnelle des besoins aidant/aidé depuis  le 1er mars, sans avoir les textes d'application qui ne seront disponibles que fin 2016.

Où sont donc passées ces promesses qui affirmaient que tout serait prêt pour la date de promulgation de la  loi ASV fin 2015? Les aidants sont une fois encore relégués au second plan!

Les associations pour seniors trouvent ces mesures trop symboliques et totalement insuffisantes

En effet, elles, estiment que cette loi est très insuffisante en regard des besoins grandissants de cette nouvelle population de personnes très âgées (2 millions de français ont plus de 85 ans). Elles notent surtout qu'aucune mesure n'a été prise concernant la diminution du reste à charge pour les familles des 700 000 personnes aujourd'hui hébergées en établissement.

Par ailleurs, si cette loi reconnait effectivement aux aidants proches de personnes dépendantes ou gravement malades un « droit au répit », il est stipulé dans la loi que  le « droit au répit » ne sera accordé par les équipes médico-sociales qu’au vu de la situation aidé/aidant, donc au cas par cas et surement également selon les budgets affectés à chaque département. Concrètement, ce seront donc  150 000 aidants qui seront bénéficiaires de ce droit au répit sur un total de 4,3 millions d’aidants concernés par ce problème.

Il y a également la loi sur le congé de proche aidant qui touche quelques 4 millions de salariés-aidants, qui élargit désormais les bénéficiaires à la famille et aux amis. C’est bien sûr une avancée positive ; néanmoins ce n’est pas suffisant ! Il faut rappeler que ce  congé  n’est ni  rémunéré par l’employeur ni indemnisé par la sécurité sociale ne serait-ce que partiellement !

La question est de savoir si au delà des belles promesses des politiques, la réalisation concrète de ces dispositions pourra réellement aider les aidants ?

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 Commentaires :
Posté le 06/04/2016 15:20 Site web
Retraite Plus
Bonjour Denise, appelez nos conseillers au numéro vert suivant : 0800 941 340 ils vous aideront gratuitement à trouver une maison de retraite dans votre budget. Bon courage.
Posté le 06/04/2016 13:19
DENISE BERNHARDT
mon mari 76 ans est en hospi - à domicile - 7 passages par jour pour s'occuper de lui - une ste Aide aux personnes agées pour aider. J'ai 73 ans du diabète , de l'arthrose - j'ai du mal à marcher je ne sors plus. Je GERE TOUT - JE SUIS EPUISEE- que dois je faire ????? la maison de retraite trop chère .
Posté le 06/04/2016 10:22 Site web
Retraite Plus
Vous avez entièrement raison, les tuteurs non professionnels sont des aidants à part entière et il est temps de faire reconnaître leurs droits!
Posté le 06/04/2016 07:06
LAGUT
Les tuteurs non professionnels ont une lourde tache lorsqu'il s'agit d'encadrer une personne placée sous leur protection juridique (dossier de mise sous tutelle auprès du Juge des Tutelles du Tribunal d'Instance, dossier d'admission en EHPAD, recherche de ressources complémentaires pour l'hébergement et la dépendance...). Comparativement aux tuteurs professionnels qui sont rémunérés, leur situation mériterait qu'on s'intéresse à eux (rétribution financière, diminution de l'impôt sur le revenu...). Qu'en pensez-vous ?

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