Maltraitance en maison de retraite
23/02/2009 11:43 25 commentaires


En maison de retraite, «la maltraitance rapporte». La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance dans les maisons de retraite.


Selon François Bouniol, soigner une personne alitée paie davantage que de la maintenir dans son autonomie.

INTERVIEW - La Fédération hospitalière de France publiera le mois prochain des indicateurs de maltraitance en maison de retraite. Un projet défendu depuis des années par François Bouniol, qui gère une dizaine d'établissements en Ile-de-France.

LE FIGARO - Pour quelles raisons approuvez-vous le projet de créer des «indicateurs» de maltraitance dans les maisons de retraite ?
François BOUNIOL - Cela fait des années que je crie qu'il faut arrêter de considérer ces maisons comme des établissements à part et qu'il faut instaurer des marqueurs ou indicateurs de qualité, comme on le fait pour l'hôtellerie, l'informatique ou l'industrie. C'est simple à mettre en place, ça ne coûte rien, ça s'appelle la transparence et pourtant aucun des responsables des pouvoirs publics, présidents de conseil général et autres médecins de la Ddass que j'ai démarchés ne m'a jamais entendu. Mon idée, aujourd'hui relayée par la Fédération hospitalière de France, aurait pu être concrétisée depuis longtemps.

Pourquoi autant de réticences ?
Parce qu'on a beau parler beaucoup des personnes âgées, en vérité, on s'en fout ! Il y a un vrai manque de réflexion et d'expérience sur le terrain : les décisionnaires des ministères n'ont jamais géré une maison de retraite de leur vie. Et puis c'est beaucoup plus simple pour l'administration, en termes d'effort et d'argent, de s'occuper de grabataires que de les maintenir dans leur autonomie. On aborde cette question comme un problème financier, alors que c'est un problème humain.

Vous voulez dire que la maltraitance rapporte ?
Oui, et c'est là le vrai scandale. Car, en France, plus une maison de retraite a de grabataires, plus son GMP (taux de dépendance, NDLR) augmente et plus le conseil général lui donne de l'argent. Dans ces conditions, qui a intérêt à lutter contre la maltraitance ? Or, faire demeurer quelqu'un au lit est une forme de maltraitance. Et, en n'ayant pas les gestes quotidiens qui favorisent le maintien dans l'autonomie, on crée artificiellement des grabataires.

Quels sont les indicateurs à inventer selon vous ?
Il y en a cinq : le GMP de l'établissement - plus il est élevé moins l'endroit est bien -, son taux de remplissage - les lits vides ne sont jamais bon signe -, le turn­over des résidents - leur fort renouvellement indique qu'ils meurent plus facilement qu'ailleurs -, le turnover des personnels - dans les bonnes maisons, ils restent - et enfin le nombre d'arrêts de travail de moins de quinze jours - plus le personnel est épanoui, moins il est en congé maladie. C'est d'autant plus simple à mettre en œuvre que ce sont des données chiffrées, bien plus faciles à contrôler que des problématiques de propreté, toujours aléatoires, ou les on-dit, souvent irrationnels et difficiles à prouver. De plus, chaque établissement dispose de ces données, tout comme les conseils généraux. Dans un souci de réactualisation, ces derniers pourraient exiger qu'on les leur communique trois fois par an.

L'instauration de tels critères n'est-elle pas en contradiction avec le plan annoncé par la secrétaire d'État aux Solidarités ?
La multiplication des contrôles inopinés que prévoit ce plan ne sert à rien. Ce n'est pas un passage aléatoire de la Ddass qui va régler le problème de la maltraitance. Les marqueurs, eux, instaurent un contrôle sur le long terme. C'est l'avenir, car c'est un dispositif intelligent qui obligera les maisons de retraite à se surveiller, à améliorer le qualitatif. Et c'est crucial, car ne pas prendre soin de ses vieux n'est vraiment pas valorisant pour une société.

Source: Le Figaro
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 Commentaires :
Posté le 12/10/2015 23:54
nanou
oh si trop de maison de retraite et surtout imposées par les tutelles qui veulent se débarrasser de leurs protégés même si cela ne convient pas à la personne le but toucher de l'argent aide sociale et hérytage
Posté le 09/12/2014 14:18
thébault thierry
exceptés la localisation de la maison de retraite,(qui ne changera pas), ses tarifs d'hébergement,, la configuration et l'apparence des locaux, il est difficile d'évaluer la qualité des prestations et d'estimer le credo qui anime le personnel et la direction de chaque résidence. la première approche commerciale est conviviale. à l'odeur on peut se faire une idée, assez vague, sur l'hygiène et le souci du personnel à s'occuper des résidents. On peut humer l'ambiance et se tromper, prendre en compte les échos, le bouche à oreille pour réaliser que le soin apprtés aux soins donnés aux résidents est perçu (subjectivement) comme très variable de l'un à l'autre, d'une période à l'autre. on ne peut certes pas évaluer ces maisons de retraite dans une approche comptable n'exprimant rien du vivant, de l'implicite. ma question est : quels sont les "critères très poussés" que vous cernez et qu'un neophyte ignore totalement? Thierry thébault
Posté le 04/02/2014 16:19
DESCARGUES NICOLE
J'ai en effet constaté que ma mère âgée de 88 ans admise dans une maison de retraite qui acceptait les malades Alzheimer a été maltraitée car bourrée de neuroleptiques qui l'ont fait tomber. Donc ensuite elle a été attachée sur un fauteuil roulant or elle souffrait d'une grave infection urinaire que le psychiatre a détecté .Elle est maintenant heureusement dans une autre EPHAD suite à une hospitalisation où elle est bien traitée.
Posté le 02/09/2013 19:16
Vidal

J'ai passe ,recemment,un weekend dans un ehpad...la maltraitance commence par les paroles,la façon de parler aux retraites.Le "maitien à domicile " a aussi des inconvénients :la plupart des aides ménagères font le "travail" en dilettantes,et,si vous faites une observation c'est la "parole" du "vieux "contre celle de la personne employée..(.dont le comportement n'est jamais controlé par l'association qui l'emploie.)

Posté le 23/03/2012 12:37
debard
j'effectue actuellement un stage dans une maison de retraite j'apprend beaucoup hier par exemple j'ai appris comment donner a manger a une personne en seulement 6 minute (elle n'a eut que très peu de nourriture et les cuillère qu'ont lui donnait était enfilé avant même qu'elle n'ai avalé celle d'avant) de plus cette personne qui aurait du rester en position semi assise minimum 20 minute pour digérer a été allonger dans son lit tout de suite après!! c'est inadmissible je ne comprend pas pourquoi personne ne fait rien la maltraitance est trop souvent connus et cautionné par les établissements et l'état de ma place de stagiaire j'ai essayé de faire comprendre a l'aide soignante que ce n'était pas normal mais rien ne la choquait.

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