EHPAD et deuxième vague de coronavirus : les établissements sont prêts

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EHPAD et deuxième vague de coronavirus : les établissements sont prêts
EHPAD et deuxième vague de coronavirus : les établissements sont prêts

Entre nouvelles recommandations, protection accrue face aux risques de contamination et volonté de “protéger sans isoler”, la première vague de coronavirus a permis à la société, tout comme aux agents concernés par la situation en EHPAD, d’aborder l’avenir avec davantage de recul, de préparation, de matériel et de connaissances. Faisons le point sur une série de mesures et de prévisions visant, certes, une protection absolue de nos aînés mais tenant compte cette fois-ci des dommages collatéraux du confinement et de l’état d’urgence. 

 

Si la première vague de l’épidémie nous a tous surpris, elle a permis également de tirer des leçons fondamentales, de jauger certains paramètres décisifs et d’établir les constats nécessaires à des prises de décisions avisées. “Un homme averti en vaut deux” et le gouvernement tout comme les directeurs d’EHPAD et les agents du secteur comptent bien se servir de cette expérience. 

 

Selon les propos de Virginie Lasserre, directrice générale de la cohésion sociale (DGCS), relayés par le site spécialisé Gerontonews, “On est beaucoup mieux préparés à une reprise de l'épidémie de Covid-19.” En effet, le principal problème souvent évoqué par les acteurs concernés et ressenti par la majorité de la population au moment de la crise sanitaire est l’impression “d’avoir toujours un train de retard” face au virus. Si certains estiment, comme Jean-Pierre Riso, président de la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa), “que la crise n’est pas derrière nous”, une préparation en amont peut considérablement changer la donne.

Il souligne par ailleurs que malgré  les manquements constatés durant la crise, de nombreuses initiatives ont été prises au sein des EHPAD, comme le numérique par exemple, des organisations exceptionnelles ont été réalisées et des collaborations se sont mises en place notamment entre le sanitaire et le médico-social, mais aussi entre les établissements et les services d'aide à domicile. Ce sont autant d’assouplissements qu’il préconise de faire perdurer.

Selon Virginie Lasserre, plusieurs facteurs essentiels permettent d’affirmer que nous sommes, cette fois-ci, mieux préparés que lors de la première vague de contaminations.”Tout cela nous permet de dire que la situation n'est absolument pas la même que celle que nous connaissions en tout début de crise", a-t-elle insisté. "On est quand même beaucoup mieux armés face à un rebond de l'épidémie,” affirme-t-elle, selon des propos rapportés par Gerontonews. Outre la mise en place à la fin du mois de juillet  d’une plateforme nationale prévoyant des renforts considérables en termes de ressources humaines, de nombreuses mesures adoptées durant la crise devraient ainsi se poursuivre, comme des astreintes gériatriques, des équipes mobiles de soins intensifs, des mesures financières permettant notamment l’intervention de médecins libéraux en EHPAD, l’assouplissement des conditions d’hospitalisation à domicile (HAD).  Elle évoque également la présence d’un stock important de masques et d’équipements de protection individuelle.

 

Le strict respect des gestes barrières pour protéger nos aînés

 

Rappelons qu'à l’heure actuelle, le strict respect des gestes barrières, qui sont essentiellement, les règles de distanciation, le port du masque et une désinfection systématique des mains et des surfaces, reste le meilleur moyen de se protéger et de protéger les autres d’une contamination par le coronavirus. Lors de la dernière flambée épidémique du Covid-19, les établissements se sont rapidement organisés en déployant de nouveaux moyens et des mesures exceptionnelles dans le cadre du déclenchement du plan bleu mais aussi bien au-delà. Dès lors, ces mesures préventives se sont installées dans le quotidien des résidents et du personnel d’EHPAD. Cependant, malgré les efforts considérables fournis par les professionnels, il peut parfois devenir difficile de conserver la même vigilance sur du long terme, surtout pour une équipe fatiguée et lourdement sollicitée. Selon le site spécialisé Gerontonews, l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine a ainsi proposé de mettre à contribution les outils de la psychologie comportementale et de la neuropsychologie pour renforcer cette vigilance en toutes circonstances. Au sein des 140 EHPAD volontaires testés, les professionnels ont bénéficié de “séances d'accompagnement à distance”, d’une “formation participative avec propositions d’action” et “’intégration des retours d’expérience du terrain.” Aux dires de l’ARS, les retours auraient été très positifs et cette démarche aurait permis de sensibiliser non seulement le personnel des établissements mais également de nombreux intervenants externes, médecins, professionnels de santé, familles et visiteurs. Nathalie Barrier, qui dirige l’un des EHPAD concernés, a affirmé lors d’une interview pour Gerontonews : “L'intérêt de la démarche était "de se dire qu'on fait beaucoup de communication sur les gestes barrières auprès des équipes mais on répète toujours les mêmes choses, il y a une sorte de banalisation, donc il était intéressant de savoir comment adapter notre communication pour vraiment être efficace”. Par ailleurs, des expériences en situation, au coeur des établissements, ont permis de suivre le quotidien des professionnels, d’identifier les éventuelles failles et d’y remédier. Il a été constaté, par exemple, qu’en cas de forte chaleur ou face à une situation d’urgence, les gestes barrières pouvaient parfois être relégués au second plan. 

  

Quelles sont les recommandations et stratégies préconisées en cas de reprise de l’épidémie ?

 

Le 11 août dernier, le Ministère des solidarités et de la santé a émis un nouveau protocole Covid-19 à l’intention des EHPAD, Unités de soins de longue durée (USLD) et établissements pour personnes en situation de handicap, afin d’apporter certaines recommandations en cas de dégradation de la situation épidémique. Cette note évoque deux indices essentiels : la présence d’un cas de Covid confirmé au sein d’un établissement ou la dégradation des indicateurs concernant la région de l’établissement. A nouveau, une ligne directrice nationale doit être accompagnée de décisions collégiales prises localement par les directeurs, équipes soignantes et médecins coordonnateurs. 

Le Ministère encourage notamment les établissements à anticiper les approvisionnements en masques et en ressources humaines. La note synthétise également les mesures à adopter ou à réactiver en cas de dégradation de la situation : prévoir l’encadrement des visites, sorties, nouvelles admissions et accueils de jour, désigner, le cas échéant, un médecin référent Covid-19, définir “une stratégie de dépistage généralisé des professionnels à intervalle régulier et le dépistage de tous les résidents dès le premier cas positif (symptomatique ou asymptomatique) détecté.” De plus, le rappel des consignes reprécise évidemment le maintien de la vigilance concernant les gestes barrières. 

 

Eviter le confinement en chambre et l'isolement en EHPAD

 

A l’unisson, les recommandations du Ministère de la santé et des acteurs du secteur prônent des stratégies de protection des résidents d’EHPAD permettant d’éviter l’isolement. Ce thème fait en effet partie des grandes leçons tirées de la dernière période de confinement qui a eu plusieurs conséquences néfastes comme l’augmentation du syndrome de glissement chez certaines personnes âgées confinées

Dans sa note du 11 août, le Ministère préconise notamment de limiter au maximum le confinement en chambre pour le réserver à certains cas exceptionnels, d’éviter également, dans la mesure du possible, la suspension des visites des familles et  “d’éviter les ruptures d’accompagnement médical et paramédical". D’autres alternatives sont plutôt encouragées comme le retour aux visites sur rendez-vous et la limitation temporaire des interventions des professionnels extérieurs à l’établissement.   

 

Cette ligne générale de conduite qui vise à “protéger sans isoler” a été également mise en avant par d’autres acteurs importants comme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l'autonomie ainsi qu’Emmanuel Macron qui prône également des “stratégies très localisées” suivant la situation de la région. La ministre a notamment rappelé que les établissements sont prêt au niveau stratégique et matériel mais que la préoccupation à l’heure actuelle concerne davantage “l’humain”. 

 

Comment empêcher les catastrophes causées par l'isolement à domicile ?

 

Si l’isolement en chambre a été difficilement vécu par les résidents des EHPAD, le confinement de la population a eu un effet dévastateur pour de nombreuses personnes âgées à domicile. Isolement, dégradation de l’état de santé ou même décès ont été mis en avant par certaines personnes comme Joëlle Martinaux, présidente de l'Union nationale des centres communaux et intercommunaux d'action sociale (Unccas) et médecin urgentiste, lors d’une intervention, le 1er septembre, devant la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19, sur le sujet des prises en charge à domicile. "On a trouvé beaucoup trop de personnes âgées, décédées chez elles, parce qu'elles n'avaient plus mangé, plus bu, ou parce qu'elles pensaient que la vie allait s'arrêter pour elles", a-t-elle relaté en évoquant les personnes habituellement non accompagnées. "On a fait ouvrir des portes de gens que l'on a retrouvés par terre, pre-mortem avec 0,2 gramme de glycémie, pour d'autres c'était trop tard." (Gerontonews)

Joëlle Martinaux a ainsi condamné “l’isolement sous prétexte de contamination” et recommande le déploiement d’équipes mobiles pour pour rendre visite, au moins une fois par semaine, aux personnes de plus de 85 ans. 

 

Source : Gerontonews

 

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